Le film "Pride" au lycée Marc Chagall

Le support : Pride est un film de 2014, réalisé par Matthew Warchus, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2014 et lauréat de la Queer Palm.

Synopsis : Eté 1984,le Syndicat National des Mineurs engage un bras de fer avec Margaret Thatcher. Lors de la Gay Pride à Londres, un groupe d'activistes gay et lesbien décide de venir en aide aux familles des mineurs en grève. Car il se reconnaît dans le combat de ces exclus du système libéral. Mais le syndicat, très partagé, semble embarrassé de recevoir de l'aide de gens «différents». Hefina et ses amies du village accueillent les jeunes lesbiennes à bras ouverts, retrouvent une seconde jeunesse et vont même jusqu'à faire la fête dans une boîte gay. D'autres, beaucoup plus conservateurs, refusent d'être soutenus par des «pervers»...

Critique de Frédéric Strauss (Télérama) : Dans Pride, la réunion des exclus, homos et ouvriers considérés avec le même mépris par Mme Thatcher, tourne presque au vaudeville : les citadins excentriques semblent d'autant plus exubérants que les gars des corons sont filmés comme des taiseux conformistes, vaguement réacs. Le réalisateur ne s'intéresse pas vraiment à leur grève, mais à l'évolution de leurs mentalités, à leur marche vers la tolérance ! Pressé de délivrer son généreux message, il décrit avec chaleur, en revanche, la communauté gay d'alors, partagée entre effervescence joyeuse et tragédie naissante du sida. Dans ce tableau d'époque, comme dans les scènes de groupe et celles où tout le monde chante et danse, Pride fait preuve d'une ferveur communicative. Venu du théâtre et de l'opéra, Matthew Warchus a le sens du collectif. Et quand il joue sur ces effets de choeur, il nous émeut vraiment.

Le projet du Lycée Marc Chagall : Ce travail autour du film Pride s'inscrit dans le projet culturel du lycée. En 2014-2015, les enseignants-es d'anglais avaient proposé ce film, et avaient abordé le contexte historique,le thème de la tolérance, des préjugés des gays et des mineurs. Ce travail avait été réalisé à partir d’articles et de vidéo d’époque.

Cette année 2015-2016, l'équipe (eu égard aux réflexions des élèves, au climat scolaire, à une certaine banalisation des propos homophobes...) fait appel à exaequo pour encadrer des séquences de travail avec les élèves. Le billet d’entrée est pris en charge par la Région et le film est diffusé au cinéma Opéra de Reims en amont des interventions d'exaequo.

Les 12 interventions d’exaequo concernent 6 classes, 178 lycéens-nes, 11 enseignants-es et surveillants-es, 7 membres de l’équipe des Interventions en Milieu Scolaire (IMS) d’exaequo...

La proposition d’exaequo : à partir de deux montages de séquences extraites du film qui permettent d'aborder la question de la construction de l’identité, du sentiment d’appartenance.

"Que signifie l’identité ? Savoir qui on est, comment on se définit, comment les autres vous définissent."

Les lycéens-nes doivent repérer dans la première série d'extraits comment les personnages se définissent et noter les identités qu’ils repèrent. Par exemple, Gethin se revendique gay et gallois (Gallois du Nord perçu par les Gallois du Sud), des mineurs et des femmes de mineurs proposent leur vision de l’homosexualité, Cliff Barry et les mineurs se revendiquent avant tout comme mineurs (mais parmi ceux-ci, Cliff est gay et ne fera son coming out qu'à la toute fin du film). 

Dans la deuxième série d'extraits, il s'agit de suivre et comprendre l'évolution de Joe dit Bromley, dans, tout d'abord sa confrontation à l'homophobie de la foule, des mineurs, de ses parents, et ensuite son acceptation et sa revendication de qui il est, au travers des rencontres, des soutiens des autres personnages LGBT du film...

Les lycéens-nes s'expriment individuellement puis en groupe, avec des guides de réflexion proposés par exaequo. La synthèse permet de préciser les points suivants : l'identité de genre (le terme de genre renvoie aux normes et aux attentes, différentes selon les sexes, auxquelles chacun-e de nous est soumis-e dans une société, une culture donnée), l'orientation sexuelle, les stéréotypes, les clichés, le fonctionnement des discriminations...